
Bernard
Plossu : Revue Lisières septembre 2006
Photographier
est-il un geste nomade?
Oui
et non. Oui, parce que le photographe voyage souvent, non parce qu’il
n’a pas forcément besoin de voyager pour photographier et voir.
Chez moi, je peux voir la table de nuit à mon réveil, ou bien la
lumière qui tombe sur le désordre des papiers de mon bureau.

Ton
refus des effets découle-t-il d’une position esthétique ou
éthique ?
C’est
esthétique, car dans ce que je montre, il y a une sobriété, et
cela devient une éthique dans la mesure où pour bien montrer, il
faut montrer sobrement.

Le
voyage a-t-il orienté ta pratique photographique ?
Si
j’ai toujours beaucoup voyagé, je ne suis pas pour autant un
photographe du voyage, de la même façon que je ne suis pas un
photographe du flou, ni un photographe du Midi. J’ai horreur de
toutes ces étiquettes. Le premier voyage initiatique a eu lieu pour
moi à l’âge de treize ans au Sahara où mon père m’avait
emmené, et peut-être que, devenu adulte, je n’ai fait que
chercher à retrouver ce voyage-là.
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