Jacques VANNEUVILLE expose à la Maison du Tourisme Louis Ardissone (esplanade Frédéric Mistral), dans le cadre du Salon Photographique 2006.
Dans le tango, le vêtement est une forme de séduction. Couleur chatoyante, robe ajustée et fendue qui permet au mouvement de se libérer, jambes gainées de bas résilles, chaussures à talons hauts qui allongent et galbent les mollets. La femme joue de tous les artifices pour séduire l’homme dont la tenue, sobre et sombre, marque la virilité. Le choix de réaliser les prises de vue en noir et blanc supprime les artifices de la couleur, épurant des images qui peuvent alors donner pleinement à voir la complexité de cette danse à deux temps : dévoiler le jeu des danseurs, les « passes d’arme », les jeux de jambes, les portés, les corps qui se frôlent et se cherchent, s’offrent et se refusent. Seule la recherche chorégraphique des danseurs a été privilégiée, mettant au jour les multiples éléments qui font de cette démarche initiatique une entreprise de séduction. La deuxième gageure consistait à photographier en studio une danse qui a besoin d’espace pour s’épanouir et se révéler. Jeux d’éclairage et vitesse lente ont été mis au service de ce pari. La musique peut commencer, le départ est donné. Tango désir, tango de tous les désirs, sublimé, refoulé, jambes qui fouettent, jambes inspirées qui font de l’homme un prisonnier, lèvres qui s’effleurent, femme ensorcelée, écrasée par le poids du temps. Amour fou d’un désir emprisonné, d’un désir surveillé. Je t’aime et pourtant je te laisse errer dans les méandres de la danse, je t’aime et je subis le temps qui n’arrête pas d’avancer et de me tourmenter. Chacun évalue les armes de séduction de l’autre, le corps fragile obéit aux mouvements de la passion. Mais tout est compté, le temps de la docilité, de l’abandon, fantasme de l’apaisement et obsession des amants. Le temps du silence enfin qui suit la musique arrêtée. Jacques VANNEUVILLE
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