ARCHIVES 2012 - PHOCAL - Photographies et Créativités d'Allauch

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lundi, février 21 2011

Chasseur d'Images: A la rencontre de quelques gens d'ici et d'ailleurs

Jean-Philippe Jourdrin réalise des portrait par monts et par vaux, concrétisant en images ses rencontres avec des gens d'ailleurs, essentiellement dans le monde rural.

La recherche de"gueules authentiques" est la première étape de son travail "je trouve certains de mes sujets en écoutant la radio ou en regardant la télévision. Quand Daniel Mermet ou Pierre Bonte parlent d'un oiseau rare, j'essaie d'en savoir un peu plus afin d'aller le voir à mon tour". Toutefois, la plupart du temps, c'est spontanément qu'il va à la rencontre des gens. Quelques mots simples, un dialogue et bien souvent l'appareil photo peut commencer sa moisson d'images sans pour autant être trop indiscret.

Jean-Philippe Jourdrin travaille en conditions de reportage.La plupart de ses photos sont réalisées en lumière naturelle, parfois en pose longue: "Ce n'est pas un handicap car, le plus souvent, je photographie les gens dans des attitudes naturelles de leur vie quotidienne: ils peuvent donc rester " de marbre" sans effort". Parfois, quand la lumière est vraiment insuffisante, il utilise le flash, presque comme toujours en lumière indirect afin de préserver au maximum une ambiance naturelle. Par philosophie, mais aussi par nécessité économique, chaque image est longuement réfléchie avant la prise de vue: il ne s'agit pas de "mitrailler pour assurer". Ses portrait sont composés avec rigueur, cadrés judicieusement dans le carré de son 6x6, format si cher à beaucoup de portraitiste. Et dès que le carré d'image s'est matérialisé dans son viseur, Jean-Philippe Jourdrin veut le garder intact. pas question de triturer l'image originale figée sur le négatif pour en faire un rectangle sous l'agrandisseur. La seule opération qu'il effectue à partir de ses originaux, c'est leur agrandissement strictement homothétique: "Je cadre définitivement à la prise de vue; il m'arrive de faire deux ou trois vues pour assurer, mais au labo, quand j'ai choisi un négatif, je l'agrandis intégralement". Le tirage n'en est pourtant pas simplifié et chaque image destinée à être exposée représente quatre ou cinq heure de labo.

Depuis une dizaine d'années, les balades photographiques de Jean-Philippe Jourdrin lui ont permis de réunir un ensemble d'images d'une force et d'une qualité exceptionnelles. Il vient d'en publier une partie, en autoéditions*, dans un album intitulé "Mémoires fixes 1977-1987". Un ouvrage-témoignage sur "ceux de la terre" et d'un monde attachant mais si proche et si loin en même temps ...

                                                                                                                                                                        Bruno Dubrac

                                                                                                                                                                        Chasseur d'images

 * Contact: Jean-Philippe Jourdrin, MJC Village, 57 rue du Général Leclerc, 94000 Créteil

Réponsephoto: Au plus près des humains

Nombre des images de Jean-Philippe Jourdrin présentées ici font partie de le série "Des hommes et des animaux". Entre 1970 et 1994, ce photographe auteur et animateur photo a parcouru les régions de France à la découverte des terroirs et de leurs habitants, particulièrement le Forez (dans la Loire) avec ses paysans ou ses petits métiers: " Je suis un photographe de rencontres, ce qui m'anime c'est la curiosité de l'autre; J'ai toujours été attiré par le monde rural, même si aujourd'hui , je vais plus vers les artistes."

Ces photos ont été réalisées au format 6x6 chargé de film noir et blanc Agfapan 100 et 400: "Voilà une marque fabuleuse. J'adorais le Record  Rapid 111, vraiment un très beau papier."

Jean-Philippe apprend le tirage en autodidacte, grâce au photoclub des PTT de Paris. Il enchaîne les expos et publie trois livres (L'Ami Pierre, dix ans  de mémoire après Mémoires fixes et Portrait des derniers mineurs du Nord-Pas-de-Calais). Le 5 février 2003, il vit une épreuve terrible. Une société immobilière voulant récupérer son local met à la décharge, sans le prévenir, tout son patrimoine artistique et photographique.

Des centaines de tirages, livres, cadres ont irrémédiablement disparu. Heureusement, les négatifs étaient à l'abri ailleurs, et Jean-Philippe commence tout juste à s'en remettre: "Depuis septembre, je vais mieux: je revis. J'ai de nouveau envie de repartir en photographie pour dix ans avec pour point de départ la réalisation d'une grande exposition."

Chacune des images que nous avons sélectionnées a son histoire. Le cheval avait une grave maladie aux sabots. Guy, un chauffeur de taxi, voulait le guérir et lui avait confectionné des prothèses spéciales. Le cordonniers qui fabriquait des chaussures sur mesure a été rencontré par hasard dans la Creuse.

Le gars dans le bus, c'est Robert. Dans son village du Gard, il partageait son quotidien avec de multitude de chiens jusqu'à ce qu'on trouve son voisinage trop encombrant. il s'est trouvé banni près du cimetière, au milieu d'épaves de voitures qui servaient de refuge à ses bêtes.

Quant à Marcelle, la dame qui porte un chevreau, elle étaient une vraie leçon de vie: cette éleveuse de chèvres avait un moral inébranlable alors qu'elle vivait dans une maison sans électricité ou il fallait aller chercher l'eau au puits ..."L'Authenticité, la complicité et le respect guide ma démarche", conclut Jean-Philippe. Une belle leçon d'humanité.

RM

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